Alpha Blondy : un chanteur athypique

Chanteur de reggae et musicien d’origine ivoirienne, il milite et dénonce l’injustice à travers ses 30 ans de carrière. Sa prise de partie pour le mouvement reggae, son engagement pour les causes de l’Afrique, son charisme, et son enthousiasme sur scène lui valent la reconnaissance du monde entier. De son vrai nom, Seydou Koné, Alpha Blondy a vu le jour le 01er janvier 1953 en Côte d’Ivoire. Connaissant une enfance heureuse auprès de sa grand-mère qui le choie, et qui lui a inculqué les valeurs morales comme « ne jamais mentir », cette éducation a marqué sa vie. Ses œuvres musicales ont fait un tabac dans l’Afrique de l’Ouest et même à l’international dans les années 80. Retour sur la carrière de ce chanteur médiatique.

Un chanteur engagé pour l’Afrique libre

Alpha Blondy possède son propre style, lequel fait ressortir le rythme et la musique Africaine. Ce qui le démarque des autres musiciens africains, c’est son engagement pour les crises civiles qui ravagent son pays, son message de paix. Au total, il a produit 26 disques jusqu’à ce jour. Ce premier fils d’une famille composé de 9 enfants, a monté le groupe Atomic Vibrations dans son adolescence. Puis, souhaitant apprendre l’anglais, il part pour Liberia, le pays voisin. En 1973, il émigre à New-York, et est admis à l’Université de Columbia dans l’American Language Program. Dans cette ville, il y fait la connaissance de nombreuses figures du mouvement jamaïcain. Rencontre qui constitue pour lui une première approche de Rasta. Son premier concert fut à Burning Spear. Supportant mal le climat froid, et le rythme de l’étude, il part pour Texas. Rencontrant le Jamaïcain (la) Clive Hunt, il se produit en premières parties pour Les Sylvesters en espérant lancer sa carrière, mais ses 8 compositions enregistrées à Brooklyn n’a jamais vu de producteur.

Alpha-Blondy-critique

C’est finalement après un come-back peu glorieux, après 4 ans de séjour en Amérique, que Roger Fulgence Kassy lui donne la chance de se faire connaître. Cet animateur de télé ivorien bien connu de l’époque est aussi l’ami d’enfance d’Alpha Blondy. Son passage à l’émission « Première chance » et son interprétation de 4 morceaux en 1981 séduit le public et un an plus tard, il produit son premier album intitulé Jah Glory avec le producteur ivoirien George Benson. Le titre Brigady Sabary tiré de cet album cartonne en Côte d’Ivoire, puis dans tout l’Afrique de l’Ouest puis au monde entier. Le morceau dénonce la violence de la police. C’est le début du succès et de la carrière du chanteur. Ses enregistrement se succèdent l’une après l’autre jusqu’à la suprême consécration en 1986 avec son album culte Jérusalem. Cet album est produit à Jamaïque, au studio Tuff Gong. Jusqu’à l’an 2000, Alpha Blondy sillonne le monde à travers des nombreux festivals en tant que chanteur messager de paix, et dénonciateur de guerre civile dans son pays. Cet ambassadeur de l’ONU pour la paix a entamé une tournée mondiale en Guyane Française, Belgique, Hollande, Suisse et Italie en 2012. A 60 ans, il n’a rien perdu de sa ferveur musicale et sa force combative, ce qui fait de lui un chanteur atypique dans le paysage africain de reggae.

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